Tiznit nous voilà enfin, Aourir, Agadir, Marrakech.

Mardi 19 février 2025
Avec l’aide de nos amis sur place, et de manière inespérée, deux emplacements contigus nous attendent ce matin au camping Tinbar. Nous nous y installons pour quelques jours. A nous le marché aux poissons, les souks, les marchands d’épices ou de légumes, les bijoutiers, les restaurants etc. qui font le charme de la ville. Nous ne nous en priverons pas. De manière inattendue, de très nombreux chats ont élu domicile au Tinbar et cela nous vaudra quelques moments très difficiles avec Ulla que leur présence enrage. Les chats viennent la narguer à quelques mètres et Ulla attachée renverse à chaque fois tout et tout le monde sur son passage.

Vendredi après le couscous pris au restaurant du Tinbar, non sans émotion, nous prenons congé de nos amis avec qui nous avons passé ces dernières semaines sur les routes marocaines. Il nous faut rejoindre Agadir où rendez-vous est pris chez Fiat pour l’entretien de Trankilou. Nous nous arrêtons au camping d’Aourir au Nord d’Agadir.

Samedi matin 9 heures, Trankilou reçoit de l’huile fraîche et de nouveaux filtres. En fin de matinée, nos réserves épuisées, nous passons chez Uniprix faire une razzia dans leur département vins. Ils proposent un assortiment extraordinaire de vins français et marocains et sont toujours de bon conseil.

Quelques courses plus tard, à l’hypermarché Carrefour, nous sommes sur l’autoroute en direction de Marrakech. En fin d’après-midi nous arrivons au relais où il y a un monde fou. C’est une étape obligée pour tous ceux qui remontent avant le début du Ramadan. Après avoir fait deux fois le tour du camping nous nous jetons dans une des rares places encore libre. Nous ne sommes pas bien installés mais c’est provisoire, des départs sont prévus ce dimanche. En prévision du Ramadan, qui finalement débuterait le 2 mars, le Maroc passe à l’heure GMT ce dimanche. Nous reculons d’une heure.

Retour en mode stationnaire sur la côte atlantique.

Notre périple nous mène de Taliouine (1.046m) vers la côte atlantique. Notre destination : un élevage de canards près de Tifnit, conseillé dans les magazines pour ses produits locaux.

Le trajet se déroule sans encombre via Taroudannt que nous contournons avant de prendre la direction d’Agadir. En chemin, nous observons une scène désormais classique : des bergers font grimper leurs chèvres dans les arganiers, monnayant les photos auprès des touristes .

L’élevage de canards étant désert et les propriétaires introuvables, nous poursuivons jusqu’au camping La Palmeraie à Tifnit, un havre de paix bordé de bougainvilliers.

Le lendemain, direction Tiznit pour quelques boutiques. Les campings étant toujours complets, nous nous replions une fois de plus sur Aglou Plage pour une pause bien méritée, propice aux lessives et au repos. Nous y retrouvons pour l’apéro nos amis Huguette et Didier.

Le 14 février 2025
Retour à Tiznit. Les campings affichent toujours complet tout comme notre restaurant réservé pour la Saint-Valentin.

Nos amis nous l’ayant recommandé, nous déjeunons à la Station Shell à l’entrée de la ville. L’endroit est original pour y installer un restaurant attenant à la station. Tout y est remarquablement propre tant en salle qu’en cuisine. Nous nous régalons d’un délicieux couscous du vendredi pendant que Trankilou profite d’un lavage bien nécessaire.

Le samedi se partage entre repos et promenades. En fin de journée, une rencontre providentielle : Saïd, qui passe, propose d’installer un radar de recul sur le camping-car d’Alain pour un prix dérisoire et de réparer notre moustiquaire pour 60€ – une aubaine comparée aux 900€ demandés chez nous pour un remplacement. Comme il le dit si bien : « Au Maroc on répare, chez vous on jette et on remplace. »

Le dimanche matin, nous explorons le village voisin de pêcheurs troglodytes. Une belle excursion, mais le vent violent de la nuit a empêché les sorties en mer. Nous ne pourrons pas acheter de poissons.

À notre retour, Saïd a tenu parole : notre moustiquaire est impeccablement réparée. Une vraie chance après trois ans de recherches, j’avais enfin eu une proposition mais n’avais heureusement pas encore payé l’acompte.

Des amis rencontrés à Tiznit et installés au camping vont essayer de nous réserver de la place pour quelques jours avant de mettre le cap sur Marrakech.​​​​​​​​​​​​​​​​

Ouarza Wood, l’envers du décor des plus grands films du cinéma.

Lundi 10 février 2025:
Dimanche le restaurant du camping nous a installé une table à côté de Trankilou pour nous servir un bon couscous commandé la veille.

Lundi le froid pique au réveil, la nuit a été glaciale. Ce matin, nous allons visiter les studios Atlas ouverts au public. Il vaut mieux s’habiller chaudement.


En stationnant nos camping-cars devant l’entrée monumentale des studios, nous réalisons que nous allons entrer dans un lieu mythique du 7ème art. Surnommée à juste titre Ouarzaza Wood, cette ville a vu défiler les plus grandes stars du cinéma mondial et accueilli le tournage de plus de 220 films.

Dès nos premiers pas dans les studios, l’émerveillement est total. Les décors gigantesques s’étendent à perte de vue sous le soleil du désert marocain. Nous découvrons avec stupéfaction une reconstitution grandeur nature de l’ancienne Égypte, utilisée pour le tournage d’Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre. Les colonnes majestueuses et les hiéroglyphes minutieusement sculptés donnent véritablement l’impression d’avoir remonté le temps.

Plus loin, notre guide nous emmène dans les ruelles d’une kasbah traditionnelle qui a servi de décor à la série Game of Thrones. On peut presque entendre les dragons de Daenerys survoler ces murs ocre. Nous marchons sur les traces de Russell Crowe dans les décors de Gladiator – ces mêmes arènes où il prononça la célèbre réplique « Je m’appelle Maximus Decimus Meridius… »

La visite des ateliers est tout aussi fascinante. Les artisans locaux perpétuent un savoir-faire unique dans la création de décors et d’accessoires. Dans ce qui ressemble à une caverne d’Ali Baba, des épées côtoient des vases égyptiens et des costumes d’époque. J’apprends que chaque détail est minutieusement étudié pour garantir l’authenticité historique des films.

Les Studios Atlas ne sont pas qu’un simple lieu de tournage – c’est un véritable musée vivant du cinéma. Les photos en noir et blanc qui tapissent les murs témoignent du passage de Martin Scorsese, Ridley Scott, ou encore Brad Pitt. Notre guide partage avec passion des anecdotes sur les tournages : comment l’équipe de La Momie a dû faire face à une tempête de sable, ou comment Leonardo DiCaprio s’est immergé dans la culture locale pendant le tournage de Body of Lies.

Dans le décor d’un palais égyptien notre guide tournera même un plan séquence auquel notre groupe participera. Je vous mets la vidéo ci-dessous.

A la fin de la visite, nous entrons dans un petit bâtiment où fut tourné une publicité pour une montre Hermès.

Cette visite des Studios Atlas restera, au même titre que les dunes Dunes de Merzouga et d’Ouzina, un moment fort de notre voyage, une expérience unique qui fait rêver les cinéphiles et permet de découvrir l’envers du décor des plus grandes productions hollywoodiennes. Les studios ont terminé il y a quelques mois le tournage de Gladiator 2 et sont déjà occupés à faire les plans d’un prochain tournage dont notre guide préfère taire le nom.

Après déjeuner nous prenons cette splendide route qui, traversant l’Atlas nous mènera comme en 2020 à Taliouine. Un peu plus loin, nous retrouvons le décor de tournage de ce film d’horreur se passant dans le Nevada.

Arrivés à Tazenakht, le centre du tapis berbère, nous visitons un centre artisanal et une coopérative de fabrication de tapis.

Les beaux paysages s’enchaînent jusqu’à Taliouine, centre de culture et de commercialisation du Safran, où nous nous arrêtons pour la nuit.

Ouarzazate, Hollywood du Maroc 🎥 🎞️

Samedi 8 février 2025
Les chiens errants ont aboyé une bonne partie de la nuit, c’est une véritable plaie au Maroc. Quand on se balade avec Ulla et Ianta, ils arrivent en aboyant et se montrent agressifs mais Ianta sourde s’en moque et Ulla les ignore. Quand ils se rapprochent trop, je les chasse avec des grands gestes, les Marocains jettent parfois des pierres à proximité ce qui suffit à les faire fuir.

Aujourd’hui nous avons prévu d’aller dans le centre faire quelques achats dans notre boutique “bazar”. C’est à une heure de marche environ, mieux vaut partir tôt.

Comme nous étions ici il y a 5 ans, nous connaissons déjà la Kasbah de Taourirt toujours aussi belle. Les abords du musée du cinéma et de la Kasbah sont en travaux. Nous ne nous y attardons pas, la route est longue et les avenues belles, dommage pour tous ces chats qui narguent Ulla. A chaque fois elle m’arrache le bras de l’épaule. Jusqu’ici la laisse résiste et mon bras aussi mais jusqu’à quand ?

Arrivés dans le centre, nous ne retrouvons pas la boutique mais après plusieurs tours, nous retrouvons finalement le magasin. Les dames y passeront près d’une heure. Je finirai par rentrer au camping de mon côté et elles en taxi (1,5€).

Cela ne saute pas aux yeux mais Ourzazate est un centre important dans l’industrie cinématographique. Surnommée « la porte du désert » au Maroc, elle est devenue au fil des décennies un lieu emblématique pour le cinéma international et s’est forgée une solide réputation comme « Hollywood du Maroc ».

Fondés en 1983, les Studios Atlas sont parmi les plus grands studios de cinéma au monde. Sur près de 30 000 m², ils offrent des installations professionnelles complètes pour les productions. C’est l’un des sites les plus utilisés au monde pour les films historiques ou fantastiques. On y trouve des décors permanents, comme des temples égyptiens, des villages médiévaux ou des forts romains.

CLA Studios (Cinema Studio Ali) est un autre complexe utilisé pour des productions internationales, avec des plateaux extérieurs immenses reproduisant des villes antiques.

À proximité, on trouve des décors naturels, des paysages désertiques spectaculaires, le ksar d’Aït Benhaddou (classée au patrimoine mondial de l’UNESCO). l’un des sites les plus utilisés au monde pour les films historiques ou fantastiques. On y trouve des décors permanents, comme des temples égyptiens, des villages médiévaux ou des forts romains.

  1. La région bénéficie d’une lumière naturelle exceptionnelle prisée par les cinéastes de même que des conditions climatiques favorables avec plus de 300 jours de soleil par an.

C’est ici qu’on été tournés:
”Kingdom of Heaven » (2005)
« Lawrence d’Arabie » (1962)
« Gladiator » (2000)
plusieurs saisons de « Game of Thrones »
« Prince of Persia » (2010)
« La Momie » (1999)

Une main-d’œuvre qualifiée et des infrastructures adaptées attirent les productions internationales. Le cinéma a généré ici beaucoup d’emplois et de structures pour répondre aux besoins du cinéma.

Dans les environs le long des routes, on peut encore voir des anciens décors de films tournés ici. Lors de notre voyage en 2020, j’avais déjà pu remarquer une vieille station service dans le désert.

Tinghir, gorges du Dadès, les doigts de Singe, Ouarzazate.

Vendredi 7 février 2025:
Comme annoncé, la nuit fut froide à cette altitude. Les chiens ne prolongent pas leur promenade matinale ce qui m’arrange bien.

Après les services, nous prenons la direction de Tinghir où nous ferons le plein. Pour éviter de devoir changer trop d’argent, j’ai l’habitude de payer les carburants par carte. Toutes les stations ne sont pas équipées et il vaut mieux demander s’ils acceptent les cartes avant de faire le plein, même si la station affiche les logos des cartes de crédit. Nous nous arrêtons et je pose la question, ils me répondent oui mais je dois payer une commission au pompiste, ce que je refuse. A la station de l’autre côté de la route, cela ne posera pas de problèmes. Bien essayé.

Sur la route, on commence à voir des sommets enneigés, on admire le contraste entre les différentes couleurs des djébels au loin.

Nous arrivons à Boumalne Dadès où commence la route des gorges. Situées dans la région de Souss-Massa-Drâa au Maroc, ces Gorges du Dadès sont connues pour leurs paysages spectaculaires. Cette formation géologique particulière s’est créée au fil des millions d’années par l’érosion des roches sédimentaires, principalement composées de calcaire et de grès.

Son architecture naturelle unique avec des falaises rougeâtres qui peuvent atteindre plusieurs centaines de mètres offre des contrastes saisissants entre les roches ocre et le vert des palmeraies dans la vallée.

La route sinueuse qui serpente à travers les gorges, offrant des points de vue spectaculaires. A certains endroits la route est bordée des « Doigts de Singes ». Ces rochers ont une forme particulière qui rappelle effectivement des doigts sortant de la terre, d’où leur nom évocateur.

Nous nous arrêtons quelques fois pour faire des photos mais nous ne grimperons pas jusqu’au dessus. Nous étions déjà ici en 2020.

Par la route du contournement à la sortie de la ville nous filons vers un camping dont on dit beaucoup de bien. La route est toute neuve mais régulièrement coupée par des portions non asphaltées recouvertes de grenaille. On se demande pourquoi.

Arrivée au camping par un chemin trop raide pour Trankilou bien chargé avec le plein d’eau et de gasoil. Il bloque à mi-hauteur et impossible de continuer les roues avant patinent déjà. Heureusement Alain n’avait pas suivi, il ne me reste qu’à redescendre doucement en marche arrière. Ce camping à la vue imprenable n’est pas fait pour Trankilou et nous irons directement à Ouarzazate.

Arrivés au camping municipal, il ne reste que deux places assez petites contre un bâtiment, nous nous en contenterons.

De Merzouga la touristique à Ouzina, l’échappée belle.

C’est majestueux Merzouga et cette proximité du désert exceptionnelle. La ville est réellement bâtie à la lisière de l’erg Chebbi dont certaines dunes culminent à 150 mètres de haut. On peut regarder dans toutes les directions, l’ocre des dunes sur lequel se reflète le soleil est magnifique.

Subjugués par la beauté de l’endroit, on n’a que quelques mètres à faire en sortant de Trankilou pour escalader une dune. Ulla court dans tous les sens, monte et dévale les dunes, se roule dans le sable. Elle adore. Ianta n’est pas en reste.


La beauté de l’endroit et la sérénité qu’elle inspire est très vite perturbée par les nombreux Quads qui pétaradent en soulevant des nuages de sable. Les caravanes de dromadaires en mode promène couillons sont légions, tout comme les 4×4 qui roulent entre les dunes. Partout dans la ville, nous sommes sollicités pour des locations ou excursions.

Merzouga est très touristique, ce n’est pas ici que nous trouverons la sérénité et la communion avec l’univers. Pour l’authenticité, il faut aller ailleurs.

Au Sud de Merzouga, après la ville de Taouz, la route est encore goudronnée jusqu’à Ouzina où on trouve encore des auberges camping. C’est donc là que nous irons rechercher le calme du désert.

La ville de Taouz est le centre d’une exploitation minière de Cobalt, Nickel et de Baryte. C’est ce qui explique les nombreux camions qui circulent sur cette route.

Nous parcourons en mode sénateur les 50 km de route à travers le désert  et arrivons à notre destination, un hôtel, camping magnifique situé 100 mètres avant la fin du goudron. Après c’est la piste pour 200 km à travers le désert.

Les commentaires dithyrambiques que nous avons lu sur l’endroit ne sont pas exagérés et nous tombons sous le charme du bivouac. Il y a même une piscine sur le toit du bâtiment. Tout est parfait et propre, il ne manque que le signal de Maroc Telecom, nous devrons nous contenter du wifi anémique disponible uniquement au lobby de l’hôtel.

Les dunes moins hautes mais très jolies de l’erg Ouzina nous attendent à l’horizon proche. Une fois installés, nous pouvons enfin écouter le silence. 

L’après-midi, je pars en reconnaissance avec Ulla pour une petite randonnée dans le sable. Nous grimpons au sommet d’une première dune. Ici elles ne sont pas aussi haute qu’à Merzouga mais ce l’est bien assez pour nous épuiser. Les derniers mètres, je les ferai comme Ulla à quatre pattes. Nous resterons tous les deux assis sur la crête pour récupérer et admirer l’horizon. On peut enfin regarder l’immensité de l’univers sans être dérangé par la pollution sonore des Quads et buggys. L’authenticité est au rendez-vous.

Le coucher de soleil et son lever à l’aube sont superbes. Avec Alain et Michelle, nous repartons en milieu de matinée explorer une autre dune plus haute que celle de la veille.

Nous marchons vers elle et j’ai à nouveau l’impression que mes dunes reculent au fur et à mesure de notre progression. Arrivés à la dune, elle paraît encore plus haute. Nous commençons à grimper et Michelle préfère nous attendre à mi-hauteur. Ulla est déjà an haut et nous regarde progresser, les derniers mètres sont les plus durs je m’écroule enfin à côté  d’Ulla et Alain nous rejoint. La vue récompense nos efforts, les montagnes noires, les oasis proches, la piste qui serpente vers l’horizon. Nous sommes conquis.

Il est déjà temps de retourner déjeuner des plats commandés au restaurant que nous dévorerons arrosés d’un bon vin. Nous prenons le café avec un équipage sympathique rencontré à Aglou et retrouvé ici. Le soir, nous les invitons à l’apéro pour parler de voyages et du Maroc, un bon moment.

Demain nous prendrons la direction des gorges pour d’autres paysages.

Zagora: la magie du désert au bout de la route.

A Foum Zguid, le vent a soufflé toute la nuit et nous avons passé la soirée sans télé, n’osant pas sortir l’antenne. Vers 6H00 du matin, il s’est enfin calmé. A 8H30, le pain tout chaud nous est offert, c’est sympa.

Toute la matinée, nous aspirons, époussetons, lavons pour faire disparaître cette poussière qui s’est invitée partout. Ulla et Ianta n’ont pas été épargnées. Il faudra du temps pour se débarrasser de ce sable plus fin que votre farine bio.

Samedi 1er février 2025:
Nous voilà repartis pour une route que nous espérions facile vers Zagora mais cela ne s’est pas tout à fait passé comme cela.

Au bout de quelques kilomètres, ce témoin de charge batterie qu’on avait oublié se rallume et ne s’éteint pas. Je m’arrête, remets en route mais rien à faire, il reste allumé. Je me dis que cette fois l’alternateur est mort mais pas de garage à l’horizon. Il faudra chercher à Zagora, la batterie nous le permettra sans problème. On repart et miracle, tout va bien et la charge est bonne. Allez comprendre, je vais contacter l’assistance pour avoir leur avis.

La route est belle mais nous ne verrons aucune caravane, juste un dromadaire poursuivi pas un vélomoteur, quelques nomades. Au passage des Oueds, le pont et la route sont parfois emportés et il faut prendre une route empierrée provisoire. Ces pluies de septembre ont décidément fait beaucoup de dégâts.

Un fourgon fusée nous dépasse sur cette route très étroite et disparaît rapidement à l’horizon. On se dit que ce n’est pas très prudent. Nous voilà déjà à l’aéroport de Zagora et la route est en réfection. Surprise, le fourgon pressé est bien planté et les ouvriers du chantier s’affairent pour le sortir de là. Nous sommes obligés de passer sur l’autre voie et roulons prudemment mais impossible de repasser sur la voie de droite, les engins ont laissé une bande de terre pour séparer les deux voies. Alain roule doucement car la voie se rétrécit de plus en plus et pas de chance, dans une petite descente la route se dérobe et le voilà ensablé. On sort les pelles et Alain essaye de s’en sortir mais le camion s’enfonce de plus en plus et la cellule finit par reposer sur le sable.

Le comble de l’histoire, c’est que le fourgon nous dépasse en nous jetant un regard moqueur. On ne le caillasse pas même si on en a envie. Les ouvriers du chantier arrivent avec des engins de chantier et s’excusent pour l’état de la route. Après plusieurs essais infructueux, ils parviennent enfin à sortir le camping-car de sa situation de plus en plus périlleuse. Avec le tractopelle, ils égalisent le mur de terre et nous passons sur l’autre voie.

Tout ira bien jusqu’au camping Les Jardins de Zagora, très proche du centre ville. Après déjeuner, nous partons faire quelques courses dans les souks qui regorgent de dattes, de fruits et de légumes. Sur l’avenue nous faisons le plein de pâtisseries marocaines dans le même magasin qu’il y a 5 ans.

Au cœur de la vallée du Drâa, Zagora est une étape très agréable au cours de votre voyage dans le sud marocain. Sous un ciel ocre, la ville de Zagora, balayée par les vents des sables, offre aux environs de nombreuses possibilités d’excursions dans le désert, à pied, à dos de dromadaire ou en 4X4.

Situé à quelques kilomètres des premières dunes sahariennes, Zagora connut un véritable essor au XIème siècle lorsque les Almoravides y bâtirent cette imposante forteresse qui la protégea des siècles durant contre de ses assaillants. Les ruelles ombragées de la ville, qui s’étendent de part et d’autre de l’avenue Mohamed V, rendent la promenade très agréable. On pénètre dans le centre de Zagora par la monumentale porte de Ouarzazate. À l’extrémité sud de la ville se trouve le célèbre panneau annonçant la route de Tombouctou à 52 jours (en dromadaire).

Le soir, je vois sur Polarsteps que les 3 autres équipages VUCC sont dans notre camping. Il fait noir et je pars à leur recherche mais ne les trouve pas. Quel hasard et dommage que nous ne connaissions pas leur programme.

Nous partons demain pour Merzouga en espérant que la route soit plus indulgente qu’aujourd’hui.

Tata, Tissint, Foum-Zguid et du sable 😡 (beaucoup de sable).

Nous sommes proches du désert et les températures remontent la nuit. Ce matin, belle vue de l’autre rive de l’oued. Il fait beau mais la météo annonce un rafraîchissement des températures et du vent pouvant être fort.

Nous avons prévu de faire étape à Foum-Zguid, ce n’est pas très loin (130 km) mais avec le vent si la tempête souffle pour de bon, la route pourrait être difficile.

En chemin, nous nous arrêterons à Tissint, mondialement connue pour la météorite martienne tombée sur Terre le 18 juillet 2011 près du village. Elle est devenue l’une des météorites les plus étudiées au monde en raison de son origine martienne et de sa récupération rapide, limitant ainsi son altération par l’environnement terrestre.

Elle provient de Mars, éjectée dans l’espace il y a environ 1 million d’années suite à un impact violent (astéroïde ou comète) à la surface de la planète. Des témoins ont vu une boule de feu traverser le ciel avant que des fragments ne soient retrouvés dans le désert. Environ 7 kg de matériaux ont été collectés.

Les analyses révèlent des traces de processus volcaniques vieux d’environ 600 millions d’années. Les veines de fusion (dûes à un impact violent) témoignent des conditions extrêmes ayant propulsé la roche hors de Mars.

Des composés carbonés ont été détectés, mais leur origine (martienne ou contamination terrestre) reste débattue. Ils pourraient résulter de processus géochimiques ou, hypothétiquement, d’une activité biologique passée.


Certaines études suggèrent que les nanostructures carbonées de Tissint pourraient indiquer une origine biologique, mais cela n’est pas confirmé. La prudence reste de mise, car les processus non biologiques peuvent produire des structures similaires.

Tissint reste un objet d’étude crucial pour comprendre l’évolution de Mars et préparer les futures missions de retour d’échantillons (comme celles menées par Perseverance).

On vous le dit tout de suite, tout au long de la route et à Tissint, nous avons vu beaucoup de cailloux mais pas de météorite.

Quelques belles roches et beaux paysages le long de la route et à l’entrée de Tissint, un camp proche de l’oasis.

Passé Tissint, le vent souffle de plus en plus fort et nous voyons des tourbillons de sable qui se rapprochent de plus en plus de la route. Ils finiront par nous submerger et la visibilité se réduisant de plus en plus, les phares et les antibrouillards deviennent nécessaires pour être vus. A certains endroits, la visibilité est très réduite et nous roulons de plus en plus lentement. J’ai basculé depuis longtemps la Clim en mode air recyclé sans apport extérieur mais le sable est déjà partout autour et dans la camping-car, il s’infiltre partout.

En fin de matinée, nous arrivons enfin à Foum-Zguid et franchissons l’Oued par le gué, le pont ayant été emporté par les pluies torrentielles de septembre 2024.

Rachid du camping La Palmeraie, toutes les orthographes sont autorisées, nous accueille dans son très beau camping, nous nous installons en mode coupe-vent et commandons notre couscous pour le lendemain. Le vent souffle toujours et nous saoule. Il devrait tomber cette nuit.

Les Greniers d’Amtoudi: trésors berbères de l’Anti-Atlas marocain.

Quelques balades dans la campagne environnante, quelques courses en ville, cette journée « off » est bien vite passée.

Mardi matin, nous reprenons la route vers Amtoudi. Toujours de beaux paysages, des montagnes, des zones désertiques colorées en vert par endroit, des palmeraies brûlées par la sécheresse. Nous étions en fin de matinée installés dans notre camping au pied des greniers d’Amtoudi. Le temps de préparer notre déjeuner et de le manger, nous partons sous un soleil de plomb. Ulla est ravie de nous accompagner.

Nous étions prévenus « les greniers ça se méritent », il faut y grimper par un sentier étroit et raide pour faire les 150 mètres de dénivelé jusqu’aux greniers situés à 1.000 mètres. Et défait ça grimpe raide et on se dit très vite qu’on aura pas dû terminer ce plat de pâtes, un peu plus tard que ces greniers c’est surfait, etc. Nous y arrivons enfin et la vue est magnifique. Le village est tout petit en dessous de nous et à l’horizon, nous distinguons un vent de sable qui souffle au loin. Le gardien du site nous ouvre et nous commençons notre visite.

Perchés dans les montagnes escarpées de l’Anti-Atlas marocain, près du village d’Amtoudi, se dressent des greniers collectifs ancestraux, véritables joyaux d’ingéniosité et de résilience. Ces structures fortifiées, appelées agadirs en berbère, témoignent d’une tradition millénaire de préservation des ressources et de coopération communautaire, caractéristique des populations amazighes (berbères) du Sud marocain.

Un Héritage Historique

Datant pour certains du XIIᵉ siècle, voire plus anciens encore, ces greniers étaient conçus pour stocker les provisions des communautés locales : céréales (orge, blé), huile d’argan, amandes, mais aussi documents juridiques ou objets précieux. En période de sécheresse, de conflits ou d’invasions, ces entrepôts jouaient un rôle crucial pour la survie des habitants. Leur emplacement en hauteur, souvent creusés à flanc de falaise ou juchés sur des pitons rocheux, les rendait facilement défendables, tout en offrant une vue panoramique sur les vallées environnantes.

Architecture Ingénieuse

Construits en pierre locale et en bois de genévrier, les greniers d’Amtoudi se distinguent par leur structure adaptée au climat aride. Les murs épais isolent la chaleur, tandis que des systèmes de ventilation naturelle et des ouvertures minutieusement orientées protègent les réserves de l’humidité et des rongeurs. Chaque famille disposait d’un compartiment verrouillé, fermé par une lourde porte en bois sculpté, dotée d’une serrure complexe en bois (tilast). Ces mécanismes, véritables œuvres d’art, symbolisaient la confiance et la responsabilité collective : chaque chef de famille possédait une clé, mais l’accès global était supervisé par un gardien désigné.

Une Organisation Sociale Rigoureuse

Au-delà de leur fonction utilitaire, ces greniers reflètent une organisation sociale rigoureuse, où la solidarité et l’entraide étaient essentielles pour la survie de la communauté.

Leur gestion était régie par des règles strictes (azerf), codifiées oralement ou par écrit, qui définissaient les droits et devoirs de chaque membre. Les sanctions contre le vol ou la négligence étaient sévères, renforçant la cohésion sociale. Ces greniers étaient aussi des lieux de rassemblement pour régler les litiges ou célébrer des pactes, reflétant l’équilibre entre l’intérêt personnel et collectif.

Notre visite terminée, nous prenons le chemin plus facile du retour. Il faut néanmoins rester prudents car les pierres roulent par endroit sous nos pieds.

La plage blanche, un trésor naturel encore préservé.

Vendredi 24 janvier 2025:
Nous profitons de notre dernière journée à Sidi Ifni pour acheter quelques légumes et fruits. En l’absence de produits de conservation, les produits frais pourrissent vite et il faut acheter de petites quantités et les consommer rapidement.

A l’heure du déjeuner nous rejoignons le restaurant du camping. Bien inspiré, Alain a amené une bouteille de rouge qui reste sous la table. Le serveur, complice, n’est pas plus étonné que cela. Pour faire bonne figure, une bouteille d’eau plate trône au milieu des assiettes, on ne la videra pas.

Le lendemain, nous quittons le camping pour rejoindre la plage blanche que nous aimons beaucoup. La route pour la rejoindre est magnifique, les paysages sont à couper le souffle, sauvages et désertiques qui bordent le turquoise de l’océan. Très peu de construction, quelques tentes berbères de nomades pêcheurs.

La Plage Blanche est un véritable paradis pour les amoureux de la nature. Loin de l’agitation des grandes villes, cet endroit offre une tranquillité absolue, bercée par le bruit des rouleaux de l’océan atlantique.

Pour les aventuriers, c’est un terrain de jeu idéal. Les vents en font un spot prisé pour le kitesurf et la planche à voile. Les randonneurs, quant à eux, peuvent explorer les falaises environnantes et découvrir des criques secrètes, tandis que les amateurs de pêche trouveront ici un cadre idyllique pour pratiquer leur passion.

Ce qui la rend vraiment unique, c’est son ambiance sauvage et préservée. Ici, pas de constructions massives ni de foule bruyante, seulement une nature intacte qui invite à la contemplation.

Cette plage blanche longue de 40 kilomètres a longtemps servi de repère visuel pour les pilotes légendaires de l’Aéropostale, comme Jean Mermoz, Antoine de Saint-Exupéry ou Henri Guillaumet. Ces pionniers reliaient la France à l’Amérique du Sud en survolant l’Afrique de l’Ouest. Leur trajet passait par des étapes clés comme Toulouse, Casablanca, Cap Juby (aujourd’hui Tarfaya, au Maroc), Dakar, puis au-dessus de l’Atlantique.

À cette époque, les avions étaient rudimentaires et les instruments de navigation limités. Les pilotes s’orientaient souvent en suivant les côtes, les fleuves ou les reliefs marquants. La Plage Blanche, avec son sable blanc étincelant contrastant avec les falaises sombres et l’océan Atlantique, offrait un point de repère visuel clair pour les aviateurs survolant la région. Sa longue étendue linéaire permettait de vérifier leur trajectoire vers le sud, en direction de Cap Juby ou de Dakar.

Imaginez un Bréguet 14 ou un Latecoère survolant cette côte immaculée et souvent hostile.

Le vent chasse les nuages de la matinée et nous retrouvons très vite un beau ciel bleu. Nous préférons nous installer sur le parking asphalté plutôt qu’autour de l’Oued.

Après déjeuner, nous partons pour une longue ballade sur la plage. Ulla nous entraîne vers l’eau mais nous tenons bon.

En fin d’après-midi nous préparons de quoi grignoter pendant la cérémonie. Ce soir Alain nous propose une bouteille de Byrrh, boisson iconique de leur bonne ville de Thuir.

Triste coup de téléphone de nos amis Georges et Renée qui malades de la grippe, ont dû annuler leur départ. Georges a l’air mal en point et pas prêt de prendre la route. Nous leur souhaitons de se rétablir et de pouvoir nous rejoindre plus tard.

Nuit tranquille bercée par le bruit de l’océan. Nous roulons vers Guelmim au travers d’une région désertique. Très beaux paysages, nous sommes au milieu de nulle part et pourtant les routes sont en meilleur état que chez nous. De part et d’autre de la route, des bouteilles en verre de couleur verte brillent de mille feux. On ne comprend pas pourquoi il y en a autant, probablement des bouteilles de bière vides jetées par les consommateurs qui préfèrent rester discrets. A Guelmim, nous passons au Marjane pour faire le plein de ce qu’on ne trouve pas dans les petites boutiques marocaines. Dommage que la chaîne ait cessé de vendre de l’alcool qu’on ne trouve plus que dans les Carrefours et à Agadir. Nous avons encore du stock pour tenir un moment encore.

Après les courses, nous arrivons à Bouizakarne chez Lahrsen toujours content de nous voir. Il fait très chaud et Ianta qui souffre de la chaleur cherche la fraîcheur de l’ombre. Nous allons rester deux nuits ici avant de reprendre la route.