Vendredi 24 avril
Certains couples fêtent leurs retrouvailles avec des fleurs et du champagne. Nous avec Trankilou, on les fête avec un voltmètre et un chargeur en mode récupération.

Après une saison 2024 qui restera dans les annales comme l’année où l’Italie a essayé de nous garder de force — pannes électriques à étincelles, suspension en déroute, une Sardaigne magnifique mais capricieuse — nous avions regagné la maison début octobre avec l’air penaud de routards qui ont craqué face au destin. Trankilou, lui, est parti directement à l’infirmerie.
L’hiver s’est passé à la maison. Chose rare. Chose étrange. D’habitude, pendant que nos voisins grelottent de froid, nous sirotons quelque chose de frais sous le ciel marocain. Cette année : radiateurs, informations télévisées et neige à déblayer. Le dépaysement, en somme.
Mais l’hiver a eu du bon. Trankilou a bénéficié d’une cure de jouvence sérieuse — nouveaux amortisseurs renforcés (parce qu’on a compris que les routes ne s’amélioreraient pas pour nous faire plaisir), passage au contrôle technique avec succès, et une série de va-et-vient chez le garagiste si régulière qu’on a failli se tutoyer.
Mercredi, je pars le récupérer, confiant, presque fier. J’ai très vite déchanté: batterie en décharge profonde 7,5 volts. Trankilou avait profité de l’hiver à sa façon — en hibernation complète. Heureusement, mon chargeur possède un mode “recovery” qui tient davantage de la nécromancie que de l’électrotechnique. Quelques heures plus tard, il ressuscitait.
Ce vendredi matin, après l’avoir chargé, nous voilà donc repartis vers la Sarthe pour l’assemblée générale de notre association VUCC. Première grande victoire du voyage : j’ai éteint la chaudière. Dans le contexte actuel de flambée des prix de l’énergie, ce simple geste m’a procuré une satisfaction que vous pouvez imaginer.
Le soleil est là. La route défile. On retrouve ce bonheur un peu fou de la vie nomade, ce sentiment de liberté qui ne ressemble à rien d’autre. Évidemment, on a oublié le barbecue. Et la glacière. Et mon bermuda. Et probablement un certain nombre d’autres objets dont nous prendrons conscience progressivement, au fil des besoins. C’est ça aussi, le camping-car : redécouvrir en temps réel ce qu’on a laissé sur la table de la cuisine.
Quelques petits bricolages restent à faire — il en reste — mais on s’y remet. J’entends encore mon ami Philippe qui faisait déjà du camping-car il y a quarante ans, il y a toujours quelque chose à bricoler sur un camping-car.
On retrouve nos réflexes, nos rituels, le ballet bien rodé de notre maison de retraite sur roues. La saison est lancée.
Vendredi soir, nous nous installons à Sézanne et je sors Ulla pour lire que le marché du samedi démarre à 5H00. Il ne reste plus qu’à déménager. On trouve notre bonheur quelques kilomètres plus loin à Esternay. On n’a pas perdu au change. Comme chaque année, Telesat ne fonctionne pas et je devrai attendre lundi matin pour que le service client redonne vie à mon décodeur. Je paye toute l’année quelque chose qui fonctionne mal quelques mois par an


Ouch, j’ai oublié d’armer l’alarme de la maison, je le fais aussitôt. Samedi à l’aube, fausse alerte intrusion à la maison.

Le temps de m’en rendre compte, Ulla me rappelle qu’elle doit sortir. Il fait froid, je descend un talus herbeux et me ramasse lourdement sur les côtes. Alors que ma montre connectée me demande régulièrement pour rien comment je vais et si elle doit appeler les secours, ici elle ne réagit pas. Ça rassure pour ma première vraie gamelle, mes côtes sont douloureuses mais ça ira.
Nous roulons de petites étapes et trouvons un autre endroit idyllique le long du Loiret. Ulla adore et tire sur sa laisse pour aller à l’eau. Nous sommes bien, si je m’abstiens de rire ou d’éternuer ça va plus ou moins. Ce dimanche matin, les croissants et la baguette de la boulangerie proche nous font regretter de ne pas partir plus souvent.






Encore une centaine de kilomètres et il faut refaire le plein, c’est de plus en plus douloureux ces passages à la pompe. Nous arrivons à Couëtron-au-Perche, dans un superbe endroit très bien entretenu. La municipalité ne lésine pas pour bien accueillir les camping-cars. Il fait magnifique.



Demain nous retrouvons nos amis à Semur en Vallon à quelques kilomètres d’ici.
Nous y restons jusqu’à jeudi avant de retourner à la maison pour notre escapade de découverte de Dinant et des Ardennes.

















































































































































































































































