On reprend le ferry à Olbia. A nous Matera ! 🙂

Jeudi 18 septembre 2025
Nous voulions aller dans un camping proche de la plage mais réception fermée jusqu’à 15H30, nous sommes allés faire l’appoint d’eau à une fontaine publique. C’est limité à 50 litres mais c’est encore de trop pour un Sarde qui n’aime pas les camping-cars et nous dit que nous n’avons pas le droit de prendre de l’eau. Il promet de nous dénoncer à la police, un autre Sarde lui dit de se calmer mais rien n’y fait, il repart en maugréant. Nos 50 litres ajoutés, nous repartons vers notre bivouac d’arrivée près du port d’Olbia.

Vendredi 19 septembre 2025
En promenant Ulla autour du parking, je découvre le site de la source sacrée « Sa Testa »
Découvert dans les années 1930 alors que les habitants cherchaient des sources d’eau douce, il n’est pas surprenant que le puits sacré connu sous le nom de Sa Testa ait été choisi par les colons de l’ère nuragique pour honorer leurs divinités de l’eau.

Aujourd’hui, c’est un site très prisé des amateurs d’archéologie, notamment ceux qui étudient la culture nuragique. L’ancien sanctuaire date d’entre le XVe et le XIIIe siècle avant J.-C. et se trouve juste à l’extérieur de la ville d’ Olbia . Il mesure un peu moins de 18 mètres de long et est constitué de granit, de trachyte et de schiste, taillés en blocs puis soigneusement finis. Sa partie extérieure évoque une porte et symbolise le passage séparant le monde des morts de celui des vivants. Le sanctuaire comprend une cour circulaire, un vestibule, un petit couloir entre la cour et le puits, et des marches qui descendent vers l’eau.

Les alentours sont jonchés de détritus et de sacs poubelles, probablement des offrandes 🙁

C’est peut-être le moment de faire le point sur notre séjour, la Sardaigne est magnifique et riche d’histoire, de fabuleuses plages mais aussi de très belles montagnes. Le mois de septembre est à éviter, plutôt en mai ou en octobre. Plusieurs fois, l’affluence et les parkings pleins nous ont obligés à faire l’impasse sur certaines visites. C’est frustrant.

Nous embarquons en fin de matinée pour une traversée de 6H30. Nous passons le temps au restaurant et dans les salons. Vers 20H00, nous débarquons à Civitavecchia au nord de Rome. Tout près de là, nous trouvons un parking peu engageant mais suffisant pour une nuit.

Samedi 20 septembre 2025
Nous prenons la route qui contourne Rome par le sud. Elle est très encombrée, on y rencontre quelques bouchons mais cela finit enfin par se dégager. A 150 km de Matera, nous décidons de rejoindre une aire gratuite à Zungoli, classés dans les plus beaux villages d’Italie. On suit la route indiquée par notre téléphone, il faut prendre à droite mais c’est un sens interdit, nous continuons tout droit mais la rue devient rapidement étroite et est encombrée de voitures en stationnement. Nouveau sens unique, il faut prendre une rue en rétro droit encore plus étroite mais on n’a pas le choix. Dans le bas de la rue c’est l’horreur, un goulot avec un balcon qui dépasse sur la gauche, une voiture stationnée qui déborde et le coin d’une façade. Caro descend et me guide en sautant de gauche à droite pour vérifier que cela passe. Ce sera au millimètre mais nous sommes passés. Dans le bas de la rue, nous prenons à gauche, on prévient Norbert mais il ne nous entend pas et prendra à droite. Il nous faudra un peu de temps pour se retrouver.

La route est belle et monte vers Zungoli, nous dormirons à plus de 700 mètres, ce qui nous garantit déjà une nuit plus fraîche et reposante. Plusieurs fois, nous ne prendrons pas la route indiquée par le GPS, nous n’avons pas envie de revivre de nouveaux passages trop étroits.

Nous sommes bien installés pour la nuit raccordés à l’électricité mise à disposition par la municipalité.

Dimanche 21 septembre 2025
Nuit tranquille et enfin fraîche, quel bonheur. Au réveil nous souhaitons un bon anniversaire à Ulla qui fête ses 4 ans, elle aura quelques extras aujourd’hui.

Nous partons pour Matera où nous trouvons un parking à dix minutes à pied des Sassi (les cailloux). Il y a beaucoup de monde et il fait très chaud. Nous déambulons dans les rues de la ville moderne pour découvrir les Sassi du haut de la terrasse de la place Vittorio Veneto, c’est le plus bel endroit pour démarrer la visite. Cette vue, d’ensemble des Sassi, quelle claque.

Pour éviter une trop grande affluence, nous allons déjeuner tôt dans un restaurant installé dans une maison troglodyte. Il y a même un petit musée dans les caves.

Les Sassi de Matera constituent l’un des sites les plus extraordinaires d’Italie du Sud. Il s’agit d’un ensemble d’habitations troglodytiques creusées directement dans la roche calcaire.


Les Sassi (qui signifie « pierres » en italien) se composent principalement de deux quartiers : Sasso Caveoso et Sasso Barisano. Leur origine remonte à la préhistoire, avec des traces d’occupation humaine datant du Paléolithique (environ 10 000 ans). La roche calcaire tendre de la région, appelée « tufo », se prêtait parfaitement au creusement de ces habitation.

Au fil des siècles, ces grottes naturelles ont été progressivement aménagées et agrandies. Les Byzantins, qui s’installèrent dans la région vers le VIIe siècle, développèrent considérablement le site, y construisant de nombreuses églises rupestres ornées de fresques remarquables. Plus de 150 églises troglodytiques ont été recensées dans la région.

Pendant des millénaires, les Sassi ont abrité une civilisation paysanne qui vivait en parfaite harmonie avec son environnement. Les habitants avaient développé un système ingénieux de récupération des eaux de pluie et d’agriculture en terrasses.

Au XXe siècle, les conditions de vie dans les Sassi se dégradèrent considérablement. La surpopulation, le manque d’hygiène et la pauvreté transformèrent ce qui était autrefois un exemple d’architecture vernaculaire en bidonville. Dans les années 1950, l’écrivain Carlo Levi décrivit ces quartiers comme « la honte de l’Italie » dans son livre « Le Christ s’est arrêté à Eboli ». Ce livre, traduit en 37 langues, est une oeuvre magistrale que je vous recommande de lire, si vous ne l’avez pas encore fait.

En 1952, une loi spéciale ordonna l’évacuation forcée des 15 000 habitants vers des quartiers modernes. Les Sassi furent alors abandonnés pendant des décennies.

La renaissance commence dans les années 1980 avec des programmes de restauration. Depuis 1993, les Sassi de Matera sont inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO, reconnus comme « exemple exceptionnel d’un ensemble architectural et paysager illustrant plusieurs périodes significatives de l’histoire humaine ».

Aujourd’hui, Matera est devenue une destination touristique majeure, avec de nombreuses maisons-grottes transformées en hôtels, restaurants et musées. La ville a même été désignée Capitale européenne de la culture en 2019, consacrant définitivement sa renaissance culturelle et touristique.

Cette transformation spectaculaire fait des Sassi un exemple unique de réhabilitation patrimoniale, passant du statut de « honte nationale » à celui de joyau architectural mondial.

Nous nous baladons dans les profondeurs des Sassi avant de retrouver Trankilou.

Nous étions venus ici en 2017, nous avons découvert beaucoup plus cette fois-ci. Après dix petites minutes, nous retrouvons Trankilou, en surchauffe sous le soleil. Nous partons vers un site proche des plages de Tarente.

Ce n’était pas une bonne idée car le dimanche tout le monde va à la plage et très vite la route devient fort étroite avec les voitures garées dans tous les sens. On prend une latérale où très vite Caro doit descendre pour ma guider, on frôle les voitures d’une côté et le mur de l’autre. Arrivés au milieu de la rue, nous sommes bloqués par un poteau sur la gauche et une voiture mal garée sur la droite. Derrière Norbert, c’est le grand chaos. Les gens de retour de la plage doivent se faufiler entre nos camping-cars et les voiture en stationnement. Tout cela sur dix centimètres avec les sacs, les bouées et les poussettes.

Les riverains essaient de nous aider et pestent pour la voiture mal garée. Ils veulent appeler la police quand quelqu’un reconnaît la voiture d’un riverain un peu plus éloigné. Ils l’appellent et confus, déplace sa voiture. Nous faisons l’impasse sur les nombreux spots près des plages et partons vers le parking d’un grand centre commercial.

Nous sommes en Italie et tous les magasins sont ouverts jusqu’à 21H00, le parking est quasi plein mais nous trouvons de la place pour aller nous aussi faire les magasins.

Journée plage avant le retour dans la montagne.

Mardi 16 septembre 2025
Nous sommes installés dans notre camping situé tout près de la plage dont le sable et la mer turquoise nous attirent. Une journée plage s’impose.

Ulla est toujours partante pour nager un peu. Elle y va franchement et c’est un plaisir de voir dans ses yeux le bonheur qu’elle en retire. Quand en plus elle peut nager en notre compagnie, c’est l’extase.

Mercredi 17 septembre 2025
Les prix des campings sont délirants en Sardaigne et tout est bon pour encaisser des suppléments même avec la carte ACSI. Un peu par hasard, nous avons appris que dans ce camping, les services étaient payants si on ne restait pas au moins 3 nuits. C’est du jamais vu. Je comprends que les services soient payants pour des clients de passage mais jamais on ne nous les a fait payer quand on y réside. 9€, il faut oser.

Aujourd’hui nous allons suivre la mythique SS125 parfois appelée la Route 66 ou “Orientale Sarda”. C’est l’une des routes les plus spectaculaires de l’île, avec des virages creusés dans la roche et des vues exceptionnelles sur le golfe d’Orosei. Elle est très prisée des motards comme nous pourrons le constater. Nous la quitterons à Dorgali pour rejoindre le village d’Orgosolo et celui de Mamoia avant de pique sur Nuoro et rejoindre la côte à Orosei.

Il y a deux grands parkings au col de Genna Silana où nous pourrons admirer les gorges de Gorropu et ses falaises de 500 m de haut.

La route est en bon état et malheureusement très fréquentée par de trop nombreuses motos qui vous dépassent au mépris de la sécurité. Ils nous serreront quelques fois de très près. Ils sont partout dans les villages, sur tous les parkings et surtout sur la route à des vitesses excessives. Ces motards sont principalement allemands, autrichiens, slovaques, polonais, roumains et italiens.

Cette route fabuleuse passe par quelques villages que nous devrons traverser par la rue principale où on se croise difficilement à cause des voitures en stationnement. Tout le monde y a mis du sien ou de la marche arrière et nous y sommes arrivés.

Au col de Genna Silana qui culimine à 1017m le parking est rempli de motos, il y en a partout et nous ne pourrons pas nous y arrêter. Les gorges de Gorropu nous ne les verrons que de loin. La photo ci-dessous vient d’Internet et ne représente pas la réalité d’aujourd’hui avec nettement plus de motos.

De l’autre côté du col, nous finirons par trouver un parking où je pourrai m’arrêter mais pas Norbert forcé de continuer.

Nous nous arrêterons pour déjeuner à Dorgali sur la terrasse d’un restaurant très sympathique.

La route vers Orgosolo est tout aussi belle avec un peu moins de motos. Le village est connu pour ses peintures murales aux messages politiques fort portés à gauche.

Le village est le théâtre en 1969 de la révolte de Pratobello. Le 27 mai 1969, un avis sur les murs de la ville demande aux bergers, qui travaillaient du secteur de Pratobello de transférer leur bétail ailleurs car, pendant deux mois, cette zone serait utilisée comme champ de tir. Le 9 juin, 3 500 citoyens d’Orgosolo ont commencé la mobilisation puis le 18 du même mois, la population a investi la Piazza Patteri: de l’assemblée est venue la décision de mettre en place une forme de protestation non violente et donc d’occuper pacifiquement la ville de Pratobello. À partir du 19 juin, l’occupation a commencé et après quelques jours, au cours desquels aucun épisode de violence ne s’est produit, l’armée a abandonné les exercices et s’est retirée. À la suite de ces faits, le phénomène du muralisme, ou mouvement de la peinture murale est né et se diffuse dans une soixantaine de villages de la Barbagia où avait lieu la transhumance en Sardaigne. Ce « mouvement muraliste » et les peintures sont devenues une attraction touristique en Sardaigne.

Après cette longue promenade nous tentons de rejoindre le village de Mamoiada assez connu pour ses vignobles et son carnaval des Mamuthones. Nous sommes malheureusement forcés de rebrousser chemin, la route est en trop forte pente pour Trankilou, je préfère renoncer.

Les Mamuthones , avec les Issohadores , sont des masques typiques du carnaval de Mamoiada. Ces deux personnages se distinguent par leurs vêtements, leurs grosses cloches et leur manière de se déplacer au sein du cortège : les Mamuthones avancent avec lassitude et silence, tandis que les Issohadores, vêtus de vêtements colorés, animent le cortège.

Nous recherchons un bivouac pas trop éloigné que nous trouverons à Nuoro. Demain nous retournons à Olbia. Notre bateau est réservé pour vendredi.

Que la montagne est belle…

Lundi 15 septembre 2025
Après une bonne nuit, nous reprenons la route qui s’annonce exceptionnelle. Nous repartons vers la mer sur la côte orientale où nous coucherons ce soir. Nous avons prévu de passer par le très joli village d’Ulassai où nous devrions déjeuner dans un restaurant privilégiant les produits locaux. Ensuite cap sur Arbatax et puis un camping ACSI avec accès plage.

Ces routes SP52 et SS198 sont magnifiques et, à de rares exceptions, en très bon état. Nous en avons pris plein les yeux tout au long du parcours. Bien sûr, la traversée des villages peut parfois être stressante car encombrée par les voitures en stationnement tout en sachant comme le disait Georges qu’il ne faut pas oublier les balcons qui débordent des façades.

Comme si ce n’était pas suffisant, nous avons croisé des dizaines de motards qui attaquaient la route et coupaient les virages sur ces routes étroites. L’un d’entre eux s’est fait très peur et nous a évité de justesse. Il a réussi à rattraper sa moto de justesse et la motarde qui le suivait a pu freiner juste à temps. Pas mal de tarés ce jour-là sur cette route.

A plusieurs reprises, nous avons vu des parcs industriels aux bâtiments délabrés entourés de champs de panneaux photovoltaïques. Tout est abandonné. Quel gaspillage ces centaines de panneaux solaires qui ne servent à rien et qui ont été financés probablement par des fonds européens.

Tous ces villages colorés accrochés à la montagne sont ravissants et la preuve qu’il ne faut pas rester le long de la côte. L’intérieur de l’île vaut le détour.

Vers midi, nous sommes à Ulassai pour y subir une fois de plus une grosse déconvenue. Les parkings le long de la route sont pleins, il y a beaucoup de monde et s’aventurer dans les petites rues du village pour y trouver un autre parking est beaucoup trop risqué. s’il faut rebrousser chemin.

Nous voilà, une fois de plus frustrés de ne pouvoir nous arrêter et forcés de continuer notre route pour trouver un endroit pour déjeuner.

La route vers la côte est également très jolie et tout aussi parcourue à vive allure par les motards. Quelques petits vignobles çà et là et des cantina dans les villages.

Nous arrivons sur la côte et là grosse surprise, le parking gratuit autorisé pour le camping-car est vide ou presque. Nous nous y garons sans difficultés et les roches rouges que nous sommes venus voir sont juste à côté. Cela semble irréel.

La falaise féerique du Rocce Rosse est située à Arbatax (partie de la commune de Tortolì, dans l’est de la Sardaigne). Ce sont les vestiges de falaises de porphyre rouge où le vent et l’eau au cours des siècles ont créé des formes vaguement géométriques avec des fissures et des trous qui laissent entrevoir la mer ; le paysage est fascinant, surtout paraît-il au coucher du soleil, lorsque le reflet des roches rouges donne à l’eau une couleur vert émeraude irisée. De jeunes français et italiens sautent dans la mer pour épater une colonie de fille prenant le soleil sur les rochers.

Le camping est à quelques kilomètres et nous y trouvons encore deux places. Tout va bien, demain journée plage.

Mais finalement, qui a les plus belles miches ?

Dimanche 14 septembre 2025
Tout est parti d’une réflexion: « Comment est-il possible qu’un pays avec une gastronomie aussi riche et savoureuse, soit incapable de faire du pain correct ? « .

Evelyne a répondu que c’est vrai mais que les Italiens mangent moins de pain que nous. Je lui ai répondu qu’avec un tel pain, c’est normal d’en manger moins.

Après vérification, nous consommons en moyenne 1 kg de pain par semaine et les Italiens environ 900 grammes, soit presque autant que nous.

Caro rappelle que la ciabatta est parfois correcte mais je me demande bien où. Le seul pain correct que nous mangeons en Italie, c’est le multi-céréales qu’on ne trouve que dans les Lidl.

Mais alors qu’est-ce que Jim Lahey, promoteur du délicieux pain sans pétrissage, est-il venu faire à Rome pour étudier les méthodes antiques de panification ?

Ce n’est donc pas compliqué de faire du bon pain alors pourquoi le pain italien a-t’il une mie alvéolée comme un cake, une croûte ultra dure ou désespérément molle et aucun goût. Faire du bon pain, c’est à la portée de tout le monde puisque j’y arrive, alors pourquoi ?

C’est ce qui m’a motivé à faire quelques recherches pour comprendre pourquoi dans la terre bénie des dieux pour ses pâtes al dente, les tomates qui goûtent vraiment la tomate, les glaces qui font pleurer les enfants de joie, on ne trouve pas de pain convenable.

Pour nous qui sommes habitués à une croûte croustillante et une mie alvéolée qui a du goût, le pain italien ressemble à une éponge vaguement comestible.

Quand on rentre dans une boulangerie, on trouve des dizaines de pain aux noms chantants et on se dit qu’ils ont l’air de savoir ce qui est bon. Puis on mord dedans et là, c’est le drame. Pas de croûte, pas d’alvéoles, juste une masse molle insipide, parfois sans sel comme si le goût était une option. On regarde autour de nous comme si c’était une blague mais non les Italiens mangent ça, volontairement.

Comment un peuple capable de sublimer une aubergine peut-il rater un truc aussi fondamental que le pain ? C’est juste incompréhensible.

Et bien après analyse ce n’est pas accidentel mais culturel. Chez nous le pain est une star, il a son piédestal, ses concours, ses artisans qui se lèvent à 3H00 du matin pour lui donner une âme, du goût. En Italie, le pain est un faire-valoir. Il est là pour éponger la sauce, accompagner la charcuterie ou le fromage, se faire tremper dans l’huile d’olive. Modeste, il ne cherche pas à briller, il doit être neutre et ne pas prendre le pas sur l’aliment qu’il ne fait que supporter.

L’Italie possède des centaines de pains régionaux, du pane pugliese aux focaccias ligures, chacune adaptée à son terroir et ses usages locaux. Ces pains reflètent une richesse culturelle immense selon des critères esthétiques et gustatifs qui nous échappent et ne correspondent pas à nos attentes.

Alors oui, on râle, critique, peste mais au fond on sait que l’Italie nous bat sur tant d’autres terrains gastronomiques. Alors on accepte ce petit défaut, on le tolère ce pain raté et soyons honnête s’ils se mettaient à faire du pain comme nous, on n’aurait plus rien à leur reprocher et çà c’est juste insupportable.

Su Nuraxi, cœur de la civilisation nuragique (UNESCO)

Dimanche 14 septembre 2025
Après une journée de relâche à faire les lessives et se reposer au milieu des citronniers, il est temps de repartir. Il a fait très chaud et la clim en journée a été bien utile pour garder une température supportable dans Trankilou.

Ce matin, nous allons au parc de Molentargius et ses marais salants. Depuis l’arrêt de l’extraction du sel en 1985, la zone humide de Molentargius a connu un processus de réaménagement et de transformation, devenant l’un des sites les plus riches de Sardaigne pour l’avifaune. Ces dernières années, l’étang de Molentargius est devenu le site le plus important du bassin méditerranéen pour la nidification des flamants roses. Le parc, en plus d’abriter une grande variété d’habitats et d’espèces d’importance communautaire, conserve des traces de son passé, comme en témoignent les fascinants bâtiments de la Cité du Sel du début du XXe siècle et d’anciennes machines industrielles.

Le dimanche matin, les allées de cette réserve naturelle sont parcourues par des nuées de sportifs à vélo, à cheval ou en jogging. Tout le monde souffre et transpire. Nous trouvons quelques flamants roses épars sur les salines mais ils sont trop loin. Un gros télé et un doubleur de focale sont de mises pour prendre des photos correctes.

En roulant vers le centre ville, nous les verrons enfin en grand nombre sur un grand étang. Ils sont très nombreux mais encore une fois loin des berges. Il faudra se contenter de photos prises sur le site du parc.

Après cette petite promenade sous un soleil de plomb, nous tentons de trouver un parking proche du centre ville. Nous traverserons le centre ville et la périphérie proche en long et en large sans trouver de place. Les parkings sont pleins et une foule nombreuse se promène dans le centre. Une fois de plus nous devons renoncer.

Nous déjeunons près de la marina, avant de prendre la route vers Barumini que nous atteignons en début d’après-midi.

Ce nuraghe, le plus visité de l’île, est le seul site sarde inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco (en 1997). Son élément principal est la tour construite vers 1500 av. J.-C., solitaire à l’origine, puis incorporée à un ensemble de fortifications. Un bon nombre de constructions datent de l’âge du fer et constituent un réseau d’alvéoles circulaires enchevêtrées à flanc de colline.

La tour Nuraxi, l’élément le plus ancien du site, mesurait à l’origine 18,6 m de haut et comportait trois étages, chacun doté d’une salle intérieure au plafond voûté en encorbellement. Lors de sa fortification vers 1200 av. J.-C., on y ajouta quatre tours annexes reliées entre elles par un épais mur d’enceinte.

Les premières habitations sur le site, de petits édifices en pierre circulaires formés d’une simple salle, apparurent à l’âge du bronze, entre les XIe et IXe siècle av. J.-C., mais beaucoup des ruines visibles aujourd’hui datent d’une phase de construction ultérieure (VIIe et VIe siècles av. J.-C.). Quand le village se développa, un mur d’enceinte plus complexe fut construit autour de la partie centrale, avec neuf tours percées de meurtrières. Des boulets de pierre massifs, servant sans doute d’armes, ont été retrouvés lors des fouilles.

Au VIIe siècle av. J.-C., le site fut en partie détruit par les Carthaginois, sans être pour autant abandonné. Il continua même d’être habité et de se développer à l’époque romaine. Des vestiges d’égouts et de canalisations rudimentaires ont ainsi été identifiés.

Le guide nous emmène découvrir les entrailles de la tour, il ne faut pas être claustrophobe pour le parcourir. Certains passages sont très étroits et bas de plafond. Il faut faire attention et ne pas glisser sur ces marches très étroites. Par temps de pluie, ce doit être glissant.

Le parking du site étant très en pente, nous partons quelques kilomètres plus loin pour une aire municipale proche d’une pizzeria fort bonne, paraît-il.

Mais où sont les flamants roses ?

Vendredi 12 septembre 2025
Le ferry a tourné jusqu’à minuit, on ne peut pas parler de nuit reposante. Le parking est éclairé comme en plein jour ce qui nous oblige à fermer les lanterneaux et comme il fait très chaud ce n’est pas l’idéal. Le lever de soleil à l’aube nous réconcilie avec l’endroit.

Nous allons continuer la route de la côte vers Porto Pino, Chia et Pulla où nous irons au camping ACSI proche de la plage.

On en voit partout en Sardaigne, le long de la route, sur des promontoires, ce sont les nuraghes, ces tours coniques, datant de l’âge de bronze, construites en pierre sèche sans mortier. On parle de civilisation nuragique. Après Cagliari, nous quitterons la côte pour une incursion à l’intérieur de l’île afin de visiter le site de Su Nuraxi, classé Unesco.

La route est une nouvelle fois exceptionnelle mais aussi encombrée. Pas beaucoup de parking pour s’arrêter et quand il y en a, il faut qu’il y ait de la place pour deux camping-cars ce qui n’est pas arrivé souvent.

A Porto Pino, nous avons dû faire demi-tour sans nous arrêter. Il y avait de la place mais avec des tarifs uniques de 20€ pour la journée, nous avons renoncé. Quelques flamants rose dans un lac proche mais toujours pas de colonie.

Le long de la route n’est qu’une succession de points de vue et de parkings proches des plages de sable blanc. Tout est complet partout ce vendredi matin, on peut imaginer ce que ce sera ce week-end.

Nous arrivons à un grand parking avant l’ancien centre phénicien de Chia, quelques places en plein soleil que nous dépassons pour nous garer à l’ombre mais aussi dans une zone bleue à disque obligatoire pour maximum 60 minutes. C’est suffisant pour y déjeuner. Il n’y a pas grand monde mais la police passe et vient voir si nous avons bien mis notre disque. Elle repart rassurée et colle une prune à la voiture suisse garée à côté de nous. La policière prend de nombreuses photos avant de déposer son invitation à payer.

Le temps de déjeuner le parking est plein comme un œuf, nous repartons vers le camping proche où nous sommes très mal reçus. La sœur sourire de service ne prend même pas la peine de dire bonjour avant d’aboyer qu’il n’y a pas de place pour nous. Cette reconnaissance du client est toujours gratifiante, c’est bon de se savoir apprécié. Après l’avoir remerciée pour son accueil chaleureux et sa gentillesse, nous repartons vers des cieux plus accueillants. Nous trouvons notre bonheur au milieu des citronniers.

Le monde à sa fenêtre, c’est la magie de Trankilou.

Jeudi 11 septembre 2025
Un peu d’orage hier soir mais rien de grave, de fortes pluies ont rafraîchi notre nuit, finalement très bonne. Un Van est venu se garer près de nous, nous ne l’avons pas entendu.

Le soleil est vif et les températures remontent ce matin, les vilains nuages ont disparu. Plus loin sur la crête de l’horizon près d’un nuarghe, on distingue la silhouette d’un camping-car.

C’est pour des matins comme celui-ci que nous aimons notre vie nomade. Imaginez chaque jour, une vue différente par la fenêtre. Voir la nature paisible, un lac ou une mer tranquille… et nous voilà en paix avec le monde. C’est là qu’Ulla vous rappelle qu’il est temps de la sortir et de préparer sa gamelle.

Aujourd’hui, nous allons tenter de voir des flamants roses. Nous les verrons à Cagliari mais ils seraient déjà nombreux sur la côte si j’en crois les commentaires lus sur Park4Night.

Nous partons en direction de l’île de Sant’Antioco. En chemin, nous vouions voir le musée de la mine sarde à Ilglésias mais pas de chance, il n’est ouvert que le dimanche. Nous devons renoncer à rester sur la route sinueuse et étroite qui suit la côte si nous voulons arriver avant la nuit. Nous passons finalement sur l’île reliée à la Sardaigne pas un grand pont. La route nous a, une fois de plus, rempli les yeux de beaux paysages. On a aperçu quelques flamants roses çà et là mais on ne peut pas parler de colonie.

Nous nous installons sur le parking d’un port dans le nord de l’île. Un ferry assure la liaison régulière avec Caloforte sur l’île proche de San Pietro. Quelques magasins dont la plupart sont fermés, on se balade un peu dans la ville mais rien de très excitant.

Bosa et Torre dei Corsari pour un bivouac magique

Mercredi 9 septembre 2025
Après les fortes pluies, les grottes de Neptune que nous voulions voir ce matin sont fermées. Après nous être extirpés de la boue, nous reprenons la route vers Bosa. La côte est plus sauvage que celle du Nord, les paysages sont magnifiques.

Nous trouvons facilement à nous garer près d’un supermarché et allons nous balader dans la vieille ville.

La ville est réputée pour son vin de Malvasia di Bosa, une appellation DOC (Denominazione di Origine Controllata). Cette appellation se distingue par ses vins blancs de grande qualité, élaborés à partir du cépage Malvasia di Sardegna. Cette région bénéficie d’un climat méditerranéen idéal avec des étés chauds et secs et des hivers doux.

Les vins de Malvasia di Bosa sont réputés pour leurs arômes élégants de fruits secs, de miel et de fleurs blanches, souvent accompagnés d’une touche saline due à la proximité de la mer. Ils peuvent être produits en version sec, demi-sec ou doux, offrant une gamme qui plaira à divers amateurs de vin.

Ces vins sont particulièrement appréciés pour leur potentiel de vieillissement, développant des saveurs complexes et raffinées au fil du temps. Parfait pour enrichir votre gestion de cave à vins, la Malvasia di Bosa se marie merveilleusement bien avec les plats de poisson, les fromages affinés et les desserts aux amandes.

La petite commune, en haute-saison, s’anime de visiteurs, enchantés d’apprécier sa beauté. On les comprend. Lors d’un voyage dans la province d’Oristano, Bosa est une étape à ne pas manquer. Malgré sa popularité, Bosa est restée loin de la modernité qui défigure parfois. Nous avons pris énormément de plaisir à flâner dans les ruelles de la ville.

Après Bosa, nous prenons la direction de Torre dei Corsari, célèbre pour sa plage d’1,5 km mais ce n’est pas elle qui nous attire mais bien un bivouac sur les hauteurs qu’on dit magique sur Park4Night. La route pour y aller est déjà très sympathique, nous traverserons un lac sur un pont étroit (largeur maximum 2,3 m), franchirons des collines sur des routes tortueuses mais une fois arrivé à l’endroit, c’est la claque. Le point de vue est grandiose et tellement beaux qu’on se dit qu’on va venir nous demander de partir. Des voitures passent mais c’est pour jouir du point de vue comme nous.

L’apéro a un autre goût ce soir. Un orage arrive, il pleut et le vent nous secoue mais très vite la pluie s’arrête.

Alghero la Catalane dite la Barcelonette

Mardi 9 septembre 2025
Le ciel est bien gris ce matin, on prévoit de la pluie. Nous partons vers les remparts de la vieille ville en longeant l’immense plage de Maria Pia. La ville créée au XIéme siècle par la famille gênoise Doria (la même que la forteresse de Castelsardo) et puis conquise par les troupes d’Aragon au 13ème siècle. Aujourd’hui encore 30% de la population parle le Catalan.

Sur notre chemin, la pluie se met à tomber d’abord doucement et de plus en plus fort ensuite. Les vendeurs ambulants se dépêchent de sortir leur stock de parapluies.

Alghero est aussi surnommée la Côte de corail. De nombreux magasins de la ville propose des bijoux, liés à l’artisanat local, qui font le bonheur notamment des touristes. Ce corail caractérisé par sa couleur rouge rubis est considéré comme l’un des meilleurs de toute la Méditerranée.

C’est à partir  de 1354, que l’on a commencé à parler de l’or rouge d’Alghero. Ce travail sur le corail remonte à la nuit des temps, au 14ème siècle, les armoiries de la ville comportait déjà une branche de corail.

La ville possède son musée du corail, un lieu de découverte, mettant en lumière les différentes étapes de la pêche jusqu’à la fabrication du bijou. Tradition, culture et économie de cet or rouge, tout le parcours du corail y est présent.

La pluie s’est arrêtée pendant notre déjeuner et le soleil brille à nouveau, nous nous baladons sur les remparts animés de la vieille ville. Ulla repère une fontaine et passe s’y rafraîchir.

Sur le chemin du retour, le camping nous envoie un message d’alerte d’inondation possible et recommande que nous mettions nos affaires à l’abri. Il fait torride et cela nous amuse. Nous rigolerons moins au réveil.

Mercredi 10 septembre 2025
Il a plus toute la nuit et au matin, la jupe avant de Trankilou trempe dans l’eau. Pour sortir du camping-car, j’ai de l’eau au dessus des chevilles et il faut sortir Ulla. Tout autour de nous, des tentes inondées que leurs occupants sortent de l’eau. Il pleut toujours. Nous décidons d’attendre la fin de la matinée pour sortir de ce bourbier en espérant que d’ici-là le niveau de l’eau aura baissé. Vers 10H00, nous y allons et cela se passe bien quoique difficilement.

De la Capo Testa, interdite aux camping-cars à Castelsardo.

Jeudi 4 septembre 2025
Après les plages bondées de la Costa Smeralda inaccessibles, nous nous sommes installés au camping ACSI à l’ouest de Palau. Les plages proches sont très belles également mais plus de sable blanc genre fond d’aquarium de la Costa Smeralda.

Ulla trouve qu’il est temps de se rafraîchir et pique une tête dans le mer. Elle s’en donne à cœur joie et ne répond plus qu’à l’appel de la mer.

Vendredi 5 septembre 2025
Le lendemain, nous partons à Santa Terresa de Gallura pour rejoindre la Capo Testa. A l’entrée de la ville, des panneaux interdit aux camping-cars du 1/6 au 30/9 bloquent tous les accès. Nous prenons la route vers les plages de la Capo Testa pour trouver le même panneau mais passons outre. La côte égrène une série de 5 plages de toute beauté., mer transparente turquoise, sable blanc et fin, des rochers qui évoquent des sculptures.

Au bout de 4 km, nous trouvons enfin un parking payant accessible aux camping-cars mais malheureusement fort éloigné des sentiers aux rochers. Après une petite balade, nous prenons la route vers Isola Rossa. Tout le long de la route de cette Costa Paradiso, des plages et des points de vue magnifiques nous attendent.

Dix fois, nous tenterons de trouver un parking pour nous balader sur la côte, dix fois nous devrons renoncer. Nous ne sommes pas les bienvenus et on nous le dit.

A l’étape, Ulla retourne nager dans la mer proche. Elle vit sa meilleure vie ici.

Après une bonne nuit, nous prenons la direction de Castelsardo. Il y a un grand parking pour camping-cars à l’entrée de la ville, bien pratique pour aller visiter cette ancienne cité médiévale considérée comme un des plus beaux villages d’Italie.

Heureusement que le parking est assez grand car à notre arrivées, un rassemblement de camping-cars italiens l’occuper presque entièrement. Nous trouvons de la place et partons vers le village.

La vue du haut de la forteresse est superbe mais il faut la gagner et la grimpette est raide. Le château Doria abrite un musée de l’entrelacement végétal (sic), autre nom de la vannerie.

La visite terminée, Trankilou roule vers son destin sur la route de La Pelosa, une des plus belles plages d’Europe. Il est nécessaire de réserver en prenant un ticket sur Internet (3,5€).