Les habitations troglodytes d’Icht et l’irrigation traditionnelle

Mercredi 29 janvier 2025:
La météo prévoit du vent jeudi dans la région, il vaut donc mieux ne pas traîner pour rejoindre Tata et éviter une éventuelle tempête de sable. Sur notre chemin, nous avons prévu de visiter le village souterrain de Icht.

Des chiens errants ont aboyé toute la nuit, nous avions l’impression qu’ils tournaient autour de Trankilou. Nous partons relativement tôt rejoindre Icht pas très éloignée. Rien n’est indiqué et nous tournons en rond pour trouver un parking sécurisé. Pas question d’abandonner nos véhicules au milieu des palmiers. On finit par se rendre au camping proche qui nous autorise à nous garer le temps de visiter le village.

Nous voilà parti à l’aventure en nous guidant au pif car les téléphones recherchent des chemins inexistants. Nous finissons par trouver le village et sommes rapidement entourés d’une nuée d’enfants qui vont nous guider et nous accompagner. Ils ont assez peur d’Ulla et se tiennent à distance.

Ils nous amènent dans un premier souterrain, heureusement Alain a une lampe de poche. La fraîcheur de cette Kasbah nous rappelle notre visite du ksar d’Ouled Driss en 2020.

Les habitations souterraines berbères sont une adaptation au climat aride, elles offrent une protection contre les tempêtes de sable et les vents chauds. La température y est constante été comme hiver.

Icht est une oasis envoûtante qui séduit par son authenticité et ses paysages à couper le souffle. Ce village, réputé pour sa kasbah souterraine unique en son genre, offre une immersion totale dans la culture berbère.

L’une des attractions principales d’Icht est sans conteste sa kasbah souterraine. Creusée sur plusieurs niveaux, elle abrite un labyrinthe de ruelles étroites et de maisons troglodytes. Cette architecture ingénieuse permettait aux habitants de se protéger de la chaleur du désert et des intempéries, L’organisation communautaire de l’espace est verticale avec des puits de lumière et un système de ventilation naturelle.

Sur plusieurs niveaux, on y trouve des espaces de vie, des espaces de stockage de denrées ou un système de gestion et de répartition de l’eau entre les habitants.

Les Khettaras, ou réseau d’irrigation souterraine est constitué de galeries drainantes, héritées de l’époque médiévale (voire antérieure) qui captent l’eau des nappes phréatiques ou des sources montagneuses pour l’acheminer vers les oasis.

Beaucoup se sont asséchées à cause des forages modernes, mais des projets de restauration tentent de les sauvegarder. Creusées à la main sur des kilomètres, avec une pente douce (0,5 à 1 %), elles sont renforcées par des pierres ou des troncs de palmiers. Des puits d’aération verticaux, espacés de 10 à 20 m, permettent l’entretien.

À Icht, les khettaras alimentent les palmeraies et les cultures en terrasse, évitant l’évaporation sous le soleil intense. Dans cet oasis, l’architecture s’enfonce dans le sol pour profiter de l’inertie thermique.

Les dattes sont séchées et conservées à l’abri de la chaleur dans des caves à dattes. Des niveaux supérieurs abritent les habitations, des niveaux intermédiaires servent d’écurie ou de bergerie.

La construction se fait de terre crue mélangée à de la paille (pisé), pierres locales, et bois de palmier pour les plafonds.

Les seguias (canaux de surface) complètent les khettaras, formant un réseau hiérarchisé. La communauté gère l’eau de manière à ce que tous les habitants reçoivent en suffisance l’eau dont ils ont besoin.

Notre visite terminée nous repartons vers Tata, ancienne ville de garnisons, où nous nous installons au camping municipal qui a l’avantage d’être situé au milieu de la ville. Nous avons besoin de pain, de légumes et de fruits.

Les Greniers d’Amtoudi: trésors berbères de l’Anti-Atlas marocain.

Quelques balades dans la campagne environnante, quelques courses en ville, cette journée « off » est bien vite passée.

Mardi matin, nous reprenons la route vers Amtoudi. Toujours de beaux paysages, des montagnes, des zones désertiques colorées en vert par endroit, des palmeraies brûlées par la sécheresse. Nous étions en fin de matinée installés dans notre camping au pied des greniers d’Amtoudi. Le temps de préparer notre déjeuner et de le manger, nous partons sous un soleil de plomb. Ulla est ravie de nous accompagner.

Nous étions prévenus « les greniers ça se méritent », il faut y grimper par un sentier étroit et raide pour faire les 150 mètres de dénivelé jusqu’aux greniers situés à 1.000 mètres. Et défait ça grimpe raide et on se dit très vite qu’on aura pas dû terminer ce plat de pâtes, un peu plus tard que ces greniers c’est surfait, etc. Nous y arrivons enfin et la vue est magnifique. Le village est tout petit en dessous de nous et à l’horizon, nous distinguons un vent de sable qui souffle au loin. Le gardien du site nous ouvre et nous commençons notre visite.

Perchés dans les montagnes escarpées de l’Anti-Atlas marocain, près du village d’Amtoudi, se dressent des greniers collectifs ancestraux, véritables joyaux d’ingéniosité et de résilience. Ces structures fortifiées, appelées agadirs en berbère, témoignent d’une tradition millénaire de préservation des ressources et de coopération communautaire, caractéristique des populations amazighes (berbères) du Sud marocain.

Un Héritage Historique

Datant pour certains du XIIᵉ siècle, voire plus anciens encore, ces greniers étaient conçus pour stocker les provisions des communautés locales : céréales (orge, blé), huile d’argan, amandes, mais aussi documents juridiques ou objets précieux. En période de sécheresse, de conflits ou d’invasions, ces entrepôts jouaient un rôle crucial pour la survie des habitants. Leur emplacement en hauteur, souvent creusés à flanc de falaise ou juchés sur des pitons rocheux, les rendait facilement défendables, tout en offrant une vue panoramique sur les vallées environnantes.

Architecture Ingénieuse

Construits en pierre locale et en bois de genévrier, les greniers d’Amtoudi se distinguent par leur structure adaptée au climat aride. Les murs épais isolent la chaleur, tandis que des systèmes de ventilation naturelle et des ouvertures minutieusement orientées protègent les réserves de l’humidité et des rongeurs. Chaque famille disposait d’un compartiment verrouillé, fermé par une lourde porte en bois sculpté, dotée d’une serrure complexe en bois (tilast). Ces mécanismes, véritables œuvres d’art, symbolisaient la confiance et la responsabilité collective : chaque chef de famille possédait une clé, mais l’accès global était supervisé par un gardien désigné.

Une Organisation Sociale Rigoureuse

Au-delà de leur fonction utilitaire, ces greniers reflètent une organisation sociale rigoureuse, où la solidarité et l’entraide étaient essentielles pour la survie de la communauté.

Leur gestion était régie par des règles strictes (azerf), codifiées oralement ou par écrit, qui définissaient les droits et devoirs de chaque membre. Les sanctions contre le vol ou la négligence étaient sévères, renforçant la cohésion sociale. Ces greniers étaient aussi des lieux de rassemblement pour régler les litiges ou célébrer des pactes, reflétant l’équilibre entre l’intérêt personnel et collectif.

Notre visite terminée, nous prenons le chemin plus facile du retour. Il faut néanmoins rester prudents car les pierres roulent par endroit sous nos pieds.

La plage blanche, un trésor naturel encore préservé.

Vendredi 24 janvier 2025:
Nous profitons de notre dernière journée à Sidi Ifni pour acheter quelques légumes et fruits. En l’absence de produits de conservation, les produits frais pourrissent vite et il faut acheter de petites quantités et les consommer rapidement.

A l’heure du déjeuner nous rejoignons le restaurant du camping. Bien inspiré, Alain a amené une bouteille de rouge qui reste sous la table. Le serveur, complice, n’est pas plus étonné que cela. Pour faire bonne figure, une bouteille d’eau plate trône au milieu des assiettes, on ne la videra pas.

Le lendemain, nous quittons le camping pour rejoindre la plage blanche que nous aimons beaucoup. La route pour la rejoindre est magnifique, les paysages sont à couper le souffle, sauvages et désertiques qui bordent le turquoise de l’océan. Très peu de construction, quelques tentes berbères de nomades pêcheurs.

La Plage Blanche est un véritable paradis pour les amoureux de la nature. Loin de l’agitation des grandes villes, cet endroit offre une tranquillité absolue, bercée par le bruit des rouleaux de l’océan atlantique.

Pour les aventuriers, c’est un terrain de jeu idéal. Les vents en font un spot prisé pour le kitesurf et la planche à voile. Les randonneurs, quant à eux, peuvent explorer les falaises environnantes et découvrir des criques secrètes, tandis que les amateurs de pêche trouveront ici un cadre idyllique pour pratiquer leur passion.

Ce qui la rend vraiment unique, c’est son ambiance sauvage et préservée. Ici, pas de constructions massives ni de foule bruyante, seulement une nature intacte qui invite à la contemplation.

Cette plage blanche longue de 40 kilomètres a longtemps servi de repère visuel pour les pilotes légendaires de l’Aéropostale, comme Jean Mermoz, Antoine de Saint-Exupéry ou Henri Guillaumet. Ces pionniers reliaient la France à l’Amérique du Sud en survolant l’Afrique de l’Ouest. Leur trajet passait par des étapes clés comme Toulouse, Casablanca, Cap Juby (aujourd’hui Tarfaya, au Maroc), Dakar, puis au-dessus de l’Atlantique.

À cette époque, les avions étaient rudimentaires et les instruments de navigation limités. Les pilotes s’orientaient souvent en suivant les côtes, les fleuves ou les reliefs marquants. La Plage Blanche, avec son sable blanc étincelant contrastant avec les falaises sombres et l’océan Atlantique, offrait un point de repère visuel clair pour les aviateurs survolant la région. Sa longue étendue linéaire permettait de vérifier leur trajectoire vers le sud, en direction de Cap Juby ou de Dakar.

Imaginez un Bréguet 14 ou un Latecoère survolant cette côte immaculée et souvent hostile.

Le vent chasse les nuages de la matinée et nous retrouvons très vite un beau ciel bleu. Nous préférons nous installer sur le parking asphalté plutôt qu’autour de l’Oued.

Après déjeuner, nous partons pour une longue ballade sur la plage. Ulla nous entraîne vers l’eau mais nous tenons bon.

En fin d’après-midi nous préparons de quoi grignoter pendant la cérémonie. Ce soir Alain nous propose une bouteille de Byrrh, boisson iconique de leur bonne ville de Thuir.

Triste coup de téléphone de nos amis Georges et Renée qui malades de la grippe, ont dû annuler leur départ. Georges a l’air mal en point et pas prêt de prendre la route. Nous leur souhaitons de se rétablir et de pouvoir nous rejoindre plus tard.

Nuit tranquille bercée par le bruit de l’océan. Nous roulons vers Guelmim au travers d’une région désertique. Très beaux paysages, nous sommes au milieu de nulle part et pourtant les routes sont en meilleur état que chez nous. De part et d’autre de la route, des bouteilles en verre de couleur verte brillent de mille feux. On ne comprend pas pourquoi il y en a autant, probablement des bouteilles de bière vides jetées par les consommateurs qui préfèrent rester discrets. A Guelmim, nous passons au Marjane pour faire le plein de ce qu’on ne trouve pas dans les petites boutiques marocaines. Dommage que la chaîne ait cessé de vendre de l’alcool qu’on ne trouve plus que dans les Carrefours et à Agadir. Nous avons encore du stock pour tenir un moment encore.

Après les courses, nous arrivons à Bouizakarne chez Lahrsen toujours content de nous voir. Il fait très chaud et Ianta qui souffre de la chaleur cherche la fraîcheur de l’ombre. Nous allons rester deux nuits ici avant de reprendre la route.

De retour à Asilah, nous sommes enfin au Maroc.

Le temps passe lentement quand on n’a rien à faire, nous profitons du soleil assez chaud pour nous permettre de déjeuner à l’extérieur tous les jours. Ulla, est toujours partante pour une petite randonnée d’exploration des sentiers environnants.

Le 31 décembre, nos amis Alain et Michèle nous rejoignent en fin d’après-midi pour célébrer ensemble une soirée en mode apéro dinatoire. Le jour de l’an Michèle nous prépare un délicieux repas de canard confits. Nous passons un moment gourmand et convivial, un vrai régal!

Après le départ de nos amis, nous profitons d’une dernière journée sur notre falaise avant de reprendre la route vers un autre bivouac le long de la mer. Ce nouveau décor ne nous retiendra qu’une journée avant que nous n’atteignions la plage de Palomares, une étendue peuplée de camping-cars à perte de vue. On se rappelle encore ici cette journée de 1966 où un bombardier américain perdit ses 4 bombes atomiques. Avouez que cela fait désordre.

Quelques jours s’écoulent dans ce cadre unique, et Ulla ne peut résister à l’appel de la mer, se baignant à deux reprises. Le 8 janvier arrive enfin et ultime frustration, un imprévu oblige l’atelier à annuler le rendez-vous. Notre déception nous mène à une journée de plus de détente à la plage.

Le lendemain matin, dès 8h00, nous sommes de retour au garage. Les techniciens s’affairent à comprendre les méandres de notre système électrique. Un certain Christian, un spécialiste allemand, prend finalement le relais, et avec sa maîtrise des technologies Lithium, il réussit à installer et configurer notre équipement avec brio.

Nous reprenons enfin la route, libres et impatients de continuer notre périple vers le Maroc. L’après-midi, nous rejoignons Algeciras et retrouvons notre parking bien connu entouré de nombreux magasins. Après quelques emplettes, nous nous préparons pour la traversée du détroit.

Dimanche matin, nous complétons les formalités nécessaires avant d’embarquer sur le bateau, avec un léger retard. Une traversée sans encombre et un passage ultra rapide à la douane plus tard, nous arrivons à Asilah. Tout le monde ne peut en dire autant au vu d’une quinzaine de véhicules marocains déchargés en mode « marché aux puces ». J’imagine très bien l’horreur de devoir tout remballer et recharger. Demain matin, direction Marrakesh.

Meilleurs voeux pour une année 2025 exceptionnelle.

Chers amis de Trankilou,

Alors que les dernières lueurs de 2024 se sont éteintes, 2025 se profile, chargé d’espoir d’évasion et de découvertes. L’équipage de Trankilou vous adresse ses vœux les plus chaleureux et vous remercie pour les vôtres.

Cette année encore, notre fidèle (bof) Trankilou nous a mené sur des chemins sinueux, à travers des paysages magnifiques, au gré de rencontres et de moments d’amitiés inoubliables. Des côtes sauvages aux sommets montagneux, des villages pittoresques aux métropoles animées, chaque kilomètre parcouru a tissé le fil de précieux souvenirs (et de quelques contraventions).

Que 2025 soit une année riche en nouvelles aventures, en bivouacs enchanteurs sous des cieux étoilés, en levers de soleil majestueux. Que chaque virage dévoile des nouveaux horizons, que chaque étape soit une invitation à la rencontre et au partage.

Nous vous souhaitons de voyager, de prendre le temps de savourer chaque instant de la vie, de vous émerveiller devant la beauté du monde qui nous entoure. Que la route soit belle et parsemée d’instants de bonheur simples mais authentiques.

Alors, préparez vos itinéraires, bouclez vos valises, gonflez vos pneus, prenez soin de vous et que l’aventure continue !

Très belle année 2025 en bonne santé à vous tous !

Caroline et Freddy

Joyeux Noël, Vroolijk Kerstfeest, Djoyeûs Noyé, Bon Nadal, Merry Christmas عيد ميلاد مجيد…🧑‍🎄

Feliz Navidad, God Jul, Frohe Weihnachten, Sretan Božić, Glædelig Jul, Kalá Christoúyenna, Kellemes karacsonyi unnepeket, Nollaig Shona Duit, Buon Natale, Wesołych Świąt Bożego Narodzenia, Feliz Natal, Crăciun Fericit, Veselé Vianoce, Veselé Vánoce 🎄

Nous vous souhaitons à tous de joyeuses fêtes de Noël et espérons que vous avez passé un bon réveillon.

Après avoir fait quelques courses et des lessives à Puerto Mazarron où nous ne sommes restés qu’une nuit, nous voilà de retour sur notre falaise. Il fait toujours aussi beau, aucun nuage à l’horizon.

Hier après-midi, un voisin lyonnais est venu partager une bonne bouteille avec nous, nous avons refait le monde et c’était très sympa. Bonne nouvelle, nos amis catalans prennent la route dimanche et viennent nous rejoindre. On se réjouit déjà.

Bon repas de réveillon hier soir, tout va bien. Nous avons passé une bonne soirée tranquille à regarder la télé. Pas de feux d’artifices dans les environs, il a fait étonnamment calme. Aujourd’hui nous avons prévu un bon repas et des siestes et promenades au soleil.

On vous embrasse, profitez bien et gros betches (pour cåzer wallon)

Kuna matata, les convoyeurs attendent (le 8 janvier).

Samedi 21 décembre 2024:
Nous sommes bien installés à la lisière de San Juan de los Terreros. Il fait beau, les températures sont douces, le ciel est bleu, ça c’est la bonne nouvelle. La mauvaise, c’est que nous y sommes jusqu’au 8 janvier.

Un peu avant de partir, en roulant, des témoins rouges « alerte charge batterie » se sont allumés plusieurs fois une fraction de seconde. J’ai vérifié la batterie du porteur, le voltage étant un peu faible, je l’ai changée et nous sommes partis confiants.

Sur la route, ils se sont rallumés, rarement et puis de plus en plus souvent. Dans un garage, j’ai fait contrôler l’alternateur. Conclusions, il charge et la courroie est bien tendue donc « no stress ». J’ai contrôlé la charge de la batterie cellule en roulant et conclu que cela ne venait peut-être pas de l’alternateur.

Caro, toujours de bon conseil, m’a rappelé que j’avais une assurance assistance technique et dépannage. Je leur ai envoyé un mail, ils ont réagi très vite, demandé des photos de mon installation et m’ont conseillé d’aller dans une concession camping-car et pas un garage.

Leur diagnostic est que la nouvelle batterie Lithium placée il y tout juste un an a été mal installée. Certains modules du tableau électrique ne supportent pas les courants forts d’une batterie Lithium et il aurait fallu placer un booster de charge séparé du tableau. C’était prévu dans mon devis mais l’installateur m’a dit que ce n’était pas nécessaire. Avec le recul, par manque de compétences, il a eu peur de le faire. Et nous voilà une fois de plus, victimes d’un concessionnaire « bras cassés ».

Nous sommes donc allés chez Hispavan, un concessionnaire proche qui travaille beaucoup pour les camping-cars de passage. Je suis allé chez eux au printemps pour remplacer le lanterneau de la douche. Leur électricien était occupé à réaliser une installation Li complète en Victron, il s’y connait. Le seul problème est celui de son agenda, pas possible avant le 8 janvier.

Sinon, nous sommes bien ici. Du monde mais pas trop, des services et des magasins pas trop éloignés. Tout le long de la côté, il y a des bivouacs possibles en bord de mer. Nous allons donc faire quelques spots en camping sauvage comme nous avions fait au printemps.

Ianta a de plus en plus de mal avec ses pattes arrières même si elle est encore bien pour son âge (elle aura 16 ans le 8 mars). Lorsque nous étions à Murcia, elle n’arrivait pas toujours à passer une simple bordure de trottoir. Pour descendre et monter dans Trankilou, je dois la porter. Caro a augmenté le dosage de ses compléments contre l’arthrose. Cela va mieux et quand il s’agit de sa gamelle ou d’une friandise, elle peut encore être vive.

Nous irons demain passer deux jours à Puerto Mazarron, l’endroit n’est pas idyllique mais il y a un centre commercial et une laverie. Nous reviendrons ici pour le réveillon de Noël.

Il est temps de partir, Trankilou, vieux camarade…

Il est temps de partir, vieux camarade. Laisse ta page à peine écrite, ferme le livre du soleil. Ce qui fut dit dans le jardin te survivra peut-être. (Claude Esteban)

La pluie, la boue, le froid. Voilà trois raisons pour nous en aller vers le soleil et on ne va pas s’en priver. Il paraît que l’année 2024 sera l’année la plus chaude jamais enregistrée, mais c’est surtout l’année la plus humide. Il pleut sans arrêt et cette absence de lumière et de ciel bleu plombe notre moral. Il est donc temps de partir vers le Sud.

A presque 12 ans, Trankilou est toujours d’attaque mais accuse le poids des ans. Un petite panne frigo par ci, une nouvelle batterie par là. Les rendez-vous sont pris pour le reste. Entre-temps, nous l’avons vidé complètement pour passer le contrôle technique. Après une seconde cession, tout est en ordre et on peut le recharger.

Après la défection de Concorde Belgique, nous avons enfin pu faire réparer et repeindre l’arrière chez notre carrossier à Beauraing. Cela faisait plus d’un an que notre concessionnaire jouait avec nos pieds.

Mardi matin 10 décembre, les pleins sont faits, les quatre sacs de croquettes pour chiens sont chargés et le reste aussi. Nous pouvons partir vers le Sud. Pas de problème sur la route, nous nous arrêtons à notre aire habituelle à Gron, près de Sens pour une nuit calme et reposante. Ce soir, c’est pizza fraîche au Food Truck près de la boulangerie. Il faut reprendre nos automatismes, se rappeler où tout se trouve.

Déjeuner et quelques courses à Aubigny sur Nère, belle petite ville sur notre passage. Le soir nous nous arrêtons peu après Limoges sur le parking du Super U de Saint-Hilaire-Bonneval qui a installé quelques emplacements pour camping-car avec bornes de service et food truck à proximité. Cette fois , c’était Kebab Durum. Bonne nuit mais fraîche, on a -2 degrés ce matin et un beau ciel bleu.

A suivre plus au Sud…

Nous voilà de retour à la maison, sous la pluie.

Après le cimetière joyeux, nous avons pris le chemin de la Hongrie pour rejoindre le Lac Balaton, où nous sommes restés deux nuits avant que la pluie ne nous tombe dessus.

Nous avons passé un bon moment dans cette région très touristique, Ulla a même eu l’occasion de se baigner avant que nous ne repartions vers l’Autriche.

Nous avions l’intention de passer quelques jours en Autriche et de visiter Linz mais l’Asfinag, agence qui gère les autoroutes, en a décidé autrement.

En Autriche pour circuler sur les autoroutes et certaines voies rapides, il faut acheter une vignette. Pour les poids-lourds, il faut s’équiper d’un OBU (On Board Unit), qui comptabilise les kilomètres parcourus et calcule le montant de la taxe due en fonction du nombre d’essieux, du poids et de la classe d’émission du véhicule.

Comme chaque pays a son système, un particulier n’a d’autre choix que de s’équiper d’un boîtier par pays. Pour les transporteurs, on commence à voir des opérateurs qui couvrent plusieurs pays.

En entrant en Autriche, j’ai donc acheté une Go-Box (80€). J’avais un mois pour transmettre copie de ma carte grise et du certificat de conformité, faute de quoi c’est le tarif le plus cher au km qui serait appliqué. Après de nombreux essais infructueux de créer un compte sur leur site, j’ai abandonné, nous passions en Hongrie.

Au retour avant de quitter le Lac Balaton, j’ai encore essayé et miracle cette fois j’ai pu créer le compte mais cela n’a rien changé puisque je n’ai pas pu m’y connecter. Sur une des pages, j’ai vu que je pouvais envoyer le Scan des documents par courrier ou e-mail, ce que j’ai fait et reçu enfin une confirmation que ma classe Euro était acceptée. Nous étions le 26/6 et j’avais dépassé la date limite de 9 jours.

Peu avant d’arriver à Linz, une camionnette Asfinag m’arrête, me demande mes papiers et de les suivre dans leur véhicule. Là ils me disent que je n’ai pas envoyé les documents justificatifs. Je leur montre le mail reçu attestant le contraire mais ils répliquent alors que je l’ai fait tardivement et que je dois payer une amende de 240€ pour fraude sinon ils bloquent le véhicule.

Cette amende est abusive et c’est du racket car mon boîtier est en ordre et ma seule faute est d’avoir envoyé les documents tardivement. Imaginez un touriste lambda qui n’a que son smartphone alors que leur site est défaillant.

Après vérification l’amende de 240€ est due lorsqu’on circule sans vignette ou sans boîtier. Si on a menti sur le nombre d’essieux par exemple, l’amende n’est que de 120€. En résumé, je dois payer et puis envoyer une réclamation, qui aura peu de chance d’aboutir. Dégoûtés, nous décidons de quitter ce pays hostile et rançonneur.

Après la pause déjeuner, nous filons sur Passau et repassons en Allemagne. Nous nous arrêtons à Barbing en Bavière, juste en face du Walhalla. Notre bivouac est le parking d’une auberge où nous dînerons, fort bien, avant de nous séparer sur la route le lendemain.

Samedi 29/6/2024
Après une route sans histoire, nous perdons plus d’une heure sur deux gros bouchons au Luxembourg et puis en arrivant en Belgique. C’est vers 17H00 que nous arrivons à la maison. A peine déchargé, la pluie nous arrose: « Bienvenue à la Maison ».

Le cimetière joyeux, c’est la fin du voyage.

Lundi 24/6/2024
Avec la chaleur de la nuit, nous avons du mal à nous endormir. Ce matin, nous démarrons plus tôt car il nous reste de la route à faire après la visite du cimetière joyeux.

Il n’y a personne à cette heure-ci et nous avons tout le temps de regarder ces croix multicolores qui décorent joyeusement les tombes. Derrière l’église de l’Assomption, dans cette petite ville de 5 000 âmes (vivantes) du nord de la Roumanie, se trouve un cimetière unique, connu sous le nom de Cimitirul Vesel – le Cimetière Joyeux. On l’appelle ainsi avec raison Chaque tombe est marquée, non pas d’une pierre austère et froide, mais d’une croix en bois vivante et joliment sculptée, peinte du bleu radieux du ciel et décorée d’un tableau et d’un poème original qui révèlent un petit quelque chose. sur la vie et le caractère de l’habitant éternel de l’intrigue. Certains vers sont terriblement drôles, d’autres sont plus fantaisistes. Certains sont déchirants et racontent des vies tragiquement écourtées par des accidents ou des maladies.   

Morceau choisi:
Ici, je me repose. 
Stefan est mon nom. 
Tant que j’ai vécu, j’ai aimé boire. 
Quand ma femme m’a quitté, 
j’ai bu parce que j’étais triste. 
Ensuite, j’ai bu davantage 
pour me rendre heureux. 
Donc, ce n’était pas le cas. Dommage 
que ma femme m’ait quitté, 
Parce que j’ai dû boire 
avec mes amis. 
J’ai beaucoup bu, 
et maintenant, j’ai encore soif. 
Alors vous qui venez 
à mon lieu de repos, 
Laissez ici un peu de vin.

C’est ici que se termine notre voyage en Roumanie. Sur la route du retour, nous allons encore prendre encore un peu de bon temps si la météo le permet. Après avoir lu pas mal de choses peu enthousiastes sur Bratislava, nous avons préféré suivre le conseil d’un ami et aller plutôt au Lac Balaton. Vers midi, nous passons la frontière hongroise, Des policiers et douaniers nous contrôlent malgré le fait que nous sommes dans l’espace Schengen. Bizarre.

Voilà un film intéressant qui reprend pas mal d’endroits que nous avons visités:

https://www.tv5mondeplus.com/fr/decouverte/voyage-et-evasion/roumanie-le-charme-des-balkans